Mort subite du nourrisson : informations

Le syndrome de la M.S.N (mort subite du nourrisson ; appelée également depuis 2009 mort inattendue du nourrisson M.I.N) est défini comme le décès soudain d'un jeune enfant, inattendu de par son histoire, demeurant inexpliqué malgré les examens réalisés après la mort.

L'autopsie complète est indispensable au diagnostic car elle permet de différencier les morts subites du nourrisson explicables (l'étude des circonstances entraînant le décès où l'autopsie retrouve la cause de la mort) et les morts subites du nourrisson inexpliquées (ni l'étude des antécédents, ni l'autopsie ne permettent de retrouver une cause évidente).

Ainsi, en l'absence d'investigations, une mort subite du nourrisson ne doit pas être considérée comme inexpliquée.

 

  • Mort subite du nourrisson : incidence et facteurs épidémiologiques 

contre la mort subite du nourrisson

Ainsi définie, la M.S.N est, dans les pays industrialisés, la circonstance la plus fréquente de la mort du nourrisson dans la période postnéonatale (fin du premier mois - fin de la première année).

En France, en 2011, la mortalité infantile est de 3,5%°. En 2009, la mortalité liée à la MSN était de 2 %°. (source INSEE)

Cela représente entre 1500 et 2000 cas par an. L'incidence moyenne des Morts subites du Nourrisson varie entre 1 et 3%° des naissances vivantes. 

 Elle a tendance à diminuer depuis 1994, à la suite des recommandations de couchage des nourrissons sur le dos.

Il s'agit donc non seulement d'un drame familial, mais aussi d'un problème de santé publique.

Différentes enquêtes épidémiologiques ont tenté de définir des facteurs de risque :

 

 

  • Mort subite du nourrisson : facteurs propres à l'enfant

Le premier élément est l'âge du décès puisque ce syndrome survient avec un maximum très net de fréquence entre 2 et 4 mois. Le garçon est plus touché que la fille.

Le risque de mort subite du nourrisson serait plus élevé lorsque le poids de naissance est plus faible (incidence de 6,5 à 13 %°° lorsque le poids de naissance est inférieur à 1,8 kg) et de ce fait est augmenté en cas de prématurité, de grossesses multiples, d'antécédents d'hospitalisation en unité de soins intensifs en période néonatale.

Le risque est également plus élevé en cas de dysplasie broncho-pulmonaire.

 

  • Facteurs familiaux, risque de récurrence de la mort subite du nourrisson :

Le risque de récurrence de MSN au sein d'une même fratrie apparaît variable d'une étude à l'autre (de 2 à 10 fois plus), mais a été surestimé.

Le risque est par contre multiplié de façon beaucoup plus certaine par 2 à 4 chez les jumeaux d'enfants morts subitement, et serait particulièrement élevé chez ceux dont le poids de naissance était inférieur à 2 kg.

 

  • Facteurs socio-économiques : 

Les facteurs socio-économiques sont controversés et non spécifiques.

 Les enfants nés de mères héroïnomanes et/ou fumeuse ont un risque plus élevé.

 

  • Circonstances favorisantes :

Les circonstances du décès liées à la Mort subite du nourrisson sont habituellement stéréotypées. Un nourrisson en parfaite santé, couché normalement quelques heures plut tôt, est retrouvé mort dans son berceau.

Ce syndrome serait plus fréquemment rencontré en hiver et au printemps. Il est parfois retrouvé dans les jours précédents, la notion de privation de sommeil, de modification des rythmes de vie habituels, d'infection des voies respiratoires supérieures ou de la prise d'une médication sédative (contre-indication des PHENOTHIAZINES chez le nourrisson).

(Source : M. Roussey - Institut Mère-Enfant, annexe pédiatrique, Hôpital sud, BP 56129, 35056 Rennes Cedex) 2

 

DU NOUVEAU, mais pas pour tout de suite...

Depuis une dizaine d’années, des scientifiques (pédiatres, pharmacologues et biologistes moléculaires) ont comparé les cœurs de bébés décédés de mort subite et ceux décédés de mort traumatique. Sur les premiers, ils ont observé une augmentation importante des récepteurs à l’acétylcholine : une substance produite par le nerf vague qui assure la transmission de l’influx nerveux. Or, le nerf vague agit comme un frein cardiaque.

S’il fonctionne exagérément, il peut mener à des ralentissements très importants du rythme cardiaque, voire à des arrêts cardiaques. En bref, le syndrome de la mort subite du nourrisson surviendrait lorsque le nerf vague ne remplit plus sa mission de ralentir correctement le rythme cardiaque.

  • Bientôt un traitement ?  

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule : une simple prise de sang pourrait permettre de dépister tout dysfonctionnement du nerf vague chez les nouveau-nés. Mais il est encore trop tôt pour être affirmatif sur ce point, les recherches étant encore en cours. En outre, des traitements existent déjà pour ce type de pathologie, mais là encore il faut s’assurer de leur efficacité chez les nourrissons.

Il faut encore compter cinq ou six ans de travail. D’abord, les scientifiques doivent vérifier qu’une prise de sang permette, comme c’est le cas pour l’animal, de détecter un dysfonctionnement du nerf vague chez les nourrissons.

Ensuite, il faudra s’assurer que les médicaments qui existent pour traiter cette anomalie puissent soigner efficacement ces enfants.

 

En attendant, pour plus de tranquillité, installez le moniteur respiratoire Nanny...